Claire Deschard – Peindre le Beau

eune artiste peintre, Claire Deschard a été formée à l’école de l’illustration et de la Bande Dessinée. Peinte multi-instrumentiste, elle décide aujourd’hui de franchir le pas pour accomplir le rêve de tout artiste : vivre de sa passion. Rencontre avec une artiste qui cherche avant tout à peindre et partager le Beau.


 

Peindre le Beau

D’entrée, elle annonce la couleur et révèle sa démarche « je peins pour les autres et pour moi ». Il ne faut pas longtemps pour comprendre que la peinture fait partie de sa vie au même titre que respirer et rire : « peindre fais partie de mes priorités. Cela me détend, j’oublie le temps qui passe. La peinture m’enivre, je vis le présent à fond, comme jamais« . Derrière cette libération personnelle, c’est aussi l’émotion de et avec l’Autre que Claire recherche. Cette artiste du Maine et Loire s’est fixé une mission simple : peindre le Beau. « Je peins pour montrer le Beau. Peindre, cela fait aussi partie de ma to do liste quand rien ne va ! trouver le beau alors que rien ne va. Faire du beau« . Et de citer le réalisateur russe Andreï Tarkovski : « Plus il y a de mal dans le monde, plus il y a de raisons de faire du beau. C’est plus difficile sans doute, mais c’est aussi plus nécessaire« . L’art se poserait il comme le remède ultime à la crise que nous traversons ?

Sûrement pas le seul, mais le beau, l’esthétique est une valeur sure défendue par les philosophes aujourd’hui. Dans son livre Architecture du Bonheur (2007), Alain Botton (inspiré de Roland Barthes)  s’interroge ainsi sur le pouvoir de l’architecture. « L’espace autour de nous est l’un des facteurs de cette bonne vie (…) il a le pouvoir de rendre les gens vertueux« . En écho à cette interrogation la thèse en urbanisme écrite par Sandrine Gueymard, met en parallèle les caractéristiques physiques des environnements avec les caractéristiques socio-économiques des individus et des territoires. Les riches n’habiteront jamais à 500m d’un aéroport, mais sont-ils fondamentalement plus heureux dans le centre de Paris ? Ok le beau n’explique pas tout. Mais dans tous les cas comme dans toutes les situations, Claire a raison de défendre le Beau lorsque les médias défendent le scandale, les horreurs des systèmes et les faiblesses des individu (pour une comparaison des sentiments, voici les tableaux Passion (ci-dessus) et Harmonie (ci-dessous)).


 

Se découvrir sur la route

Entre illustrations, dessins et peintures, Claire se révèle être une artiste protéiforme. Ce sont peut-être ses nombreux déménagements et son expérience florentine qui ont aiguisé sa façon de voir les paysages, de sentir les matières ou de ressentir les émotions. Pour elle, l’inspiration est partout « les visages, les rencontres, la solitude, le silence, la musique, le mouvement (…). C’est tout, c’est la vie ». Si elle navigue facilement entre illustrations, peintures de paysages et peintures abstraites, n’ayez crainte, il est toujours facile de la trouver, elle EST sur toutes ses toiles. La somme des coups de pinceaux, des coups de couteaux ou des applications au cartons, c’est de la technique, le support c’est la toile, mais l’ensemble c’est ELLE : « Dans mes peintures, je recherche l’harmonie, et je cherche à mettre de moi : je vis ma toile et j’espère lui donner un âme« . Long processus d’apprentissage, Claire accepte aujourd’hui de prendre la route, parce qu’elle mesure le bonheur qu’elle a à avancer, tout en sachant qu’elle ne guide pas complètement son chemin : « je ne sais pas à l’avance ce que la toile rendra. A chaque fois c’est un étonnement. J’apprends à me connaître par ma peinture, elle me révèle à moi-même, car j’y perçois les émotions qui m’animent » (changement d’heure oblige, voici l’Automne qui se dévoile ci-dessous).

 

Oser s’exposer aux autres…

Mais peindre ne s’arrête sûrement pas à la signature en bas de la toile. La démarche de Claire est dans l’impression des sentiments à la fois sur et en dehors du tableau. Cela s’appelle du Partage. N’allez cependant pas croire qu’elle va faire du porte à porte pour partager son bonheur de peindre. Si elle donne aujourd’hui ses tableaux à ses meilleurs amis et en fait profiter sa famille, elle n’ose pas encore exposer ses émotions aux regards de tous « le galeriste m’a demandé de voir un de mes tableaux. Aujourd’hui je ne lui ai pas encore apporté. Les gens voient mes passions, mes émotions, mon cœur. Et ça, ça me fait peur !« . Avec son témoignage, le terme « exposition » prend tout son sens. La prochaine fois que vous poussez les portes d’une galerie, prenez le temps d’admirer chaque œuvre présentée. En sortant, vous comprendrez que ce ne sont pas les tableaux qui sont exposés, mais que c’est tout le travail de l’artiste, et à travers ce travail, c’est l’artiste lui-même . Un tableau s’accroche, un artiste s’expose.

C’est définitivement une prochaine étape pour Claire qui s’oriente à la fois vers une recherche intime, la restitution de ses émotions, mais également vers une recherche personnelle, la maturité de s’exposer aux autres. Si jamais vous la croisez, ne lui dites pas qu’Internet est une première étape franchie. Un blog bien fourni, une page facebook et surtout un portfolio Behance… il est bien possible que quelques internautes pourvus d’émotion s’y retrouvent et y voient une partie du cœur qui tenait les outils ! Dans la galerie ci-dessous les peintures présentées dans cet article dans un format plus lisible, ainsi que quelques illustrations mettant en avant un trait fin et énergique. N’hésitez pas à faire appel à Claire pour tous travaux d’illustrations (faire-part, dessins, cartes de voeux) ou tout simplement si vous voulez vous offrir une belle peinture.